Le mastodonte de la SVOD est catégorique, il continuera à valoriser son offre, quitte à la faire payer plus cher, et considÚre que la résiliation fait partie intégrante du jeu.
Une Ă©quation trĂšs simple pour Netflix, mais pas aux yeux de tout le monde. Selon Vanity Fair, qui relaie les Ă©changes musclĂ©s tenus lors dâune audition au SĂ©nat amĂ©ricain, Netflix ne compte en effet pas renoncer Ă sa stratĂ©gie tarifaire, malgrĂ© les inquiĂ©tudes croissantes des consommateurs et des rĂ©gulateurs.
InterrogĂ© dans le cadre du rachat de Warner Bros. Discovery, son co-directeur gĂ©nĂ©ral Ted Sarandos a dĂ©fendu une vision sans dĂ©tour. Netflix continuera dâaugmenter ses prix si nĂ©cessaire et les abonnĂ©s restent libres de partir. Face aux sĂ©nateurs, notamment Ă ceux inquiets dâun futur monopole et dâune inflation des abonnements, le leader mondial de la SVOD a rappelĂ© que le streaming reste, selon lui, un marchĂ© hautement concurrentiel et quâil« suffit dâun clic pour se dĂ©sabonner», a-t-il insistĂ©, soulignant que les utilisateurs peuvent quitter la plateforme Ă tout moment, il ne cherchera donc pas Ă les retenir. Autrement dit, leur portefeuille dĂ©cidera en cas de hausse tarifaire.
Pour justifier sa stratĂ©gie, Ted Sarandos assure que le futur ensemble NetflixâWarner permettra dâoffrir davantage de programmes, grĂące notamment Ă lâintĂ©gration de HBO Max.« Nous donnerons aux consommateurs plus de contenu pour moins cher », a-t-il martelĂ©, en mettant en avant les Ă©conomies dâĂ©chelle et lâaugmentation des investissements dans la production. Netflix prĂ©voit ainsi de consacrer prĂšs de 20 milliards de dollars aux contenus en 2026, un record pour la plateforme. Pour le dirigeant, Netflix et HBO Max sont complĂ©mentaires, 80 % des abonnĂ©s HBO Max seraient aussi abonnĂ©s Ă Netflix. Au final, les utilisateurs devraient faire des Ă©conomies selon lui quand bien mĂȘme Netflix dĂ©cide dâaugmenter ses prix. En France, il reste toutefois Ă prouver ce pourcentage, combien de consommateurs payent aujourdâhui un abonnement aux deux plateformes ?
Ce discours ne convainc pas tous les Ă©lus outre-Atlantique. Plusieurs sĂ©nateurs redoutent quâun Netflix renforcĂ© nâait, Ă terme, la capacitĂ© dâimposer ses conditions, tant aux crĂ©ateurs quâaux abonnĂ©s. Mike Lee, prĂ©sident de la sous-commission antitrust, a Ă©voquĂ© le risque de voir Ă©merger « une plateforme pour les gouverner toutes », capable de marginaliser ses concurrents.
Pour sa dĂ©fense, Netflix met en avant la pression exercĂ©e par les gĂ©ants du numĂ©rique, citant notamment YouTube, Amazon Prime Video et Disney+. Selon lui, cette rivalitĂ© empĂȘche toute dĂ©rive tarifaire excessive et oblige Netflix Ă rester attractif. Dans les faits, Netflix a dĂ©jĂ procĂ©dĂ© Ă plusieurs hausses de prix ces derniĂšres annĂ©es, tout en continuant de gagner des abonnĂ©s. Une tendance qui devrait se poursuivre, Ă moins queâŠ